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Fine Arts Paris 2026 : le Grand Palais au rythme des siècles

Fine Arts Paris 2026 : le Grand Palais au rythme des siècles

Par Ema Lynnx

Du 19 au 23 septembre 2026, Fine Arts Paris retrouvera la nef du Grand Palais pour une édition placée sous le signe du patrimoine, de la décoration et de la transmission. Tableaux anciens, sculptures, mobilier, joaillerie, manuscrits et créations contemporaines composeront un parcours où les époques ne se succéderont pas : elles dialogueront.

Il faudra d’abord lever les yeux : sous la grande verrière du Grand Palais, la lumière de septembre descendra sur les allées, effleurant les dorures d’un cadre ancien, le poli profond d’une sculpture, la surface d’une céramique ou l’éclat discret d’un bijou. Dans cette architecture monumentale, les œuvres ne seront pas seulement exposées : elles habiteront temporairement un décor à leur mesure.

Durant cinq jours, Fine Arts Paris réunira une centaine de galeries françaises et internationales couvrant toutes les périodes et de nombreuses spécialités du marché de l’art. Antiquités, arts asiatiques et premiers, maîtres anciens, art moderne et contemporain, dessins, estampes, livres rares, manuscrits, sculptures, mobilier, objets d’art, design du XXe siècle et joaillerie se rencontreront sous un même toit.

Anciennement connu sous le nom de FAB Paris, le rendez-vous adopte désormais une identité plus directe et internationale. Installé chaque année au Grand Palais durant la seconde moitié du mois de septembre, il entend ouvrir la saison artistique parisienne avec une proposition fondée sur la diversité des disciplines et l’exigence des sélections. Cette cinquième édition sera également la première organisée sous la présidence du marchand et spécialiste de la sculpture animalière Xavier Eeckhout.

Entrer dans un paysage imaginé par Charles Zana

Avant même de s’approcher des œuvres, le visiteur sera confronté à une première création : celle de l’espace.

Pour l’édition 2026, Fine Arts Paris a confié sa scénographie à Charles Zana. Le décorateur et architecte d’intérieur devra composer avec les volumes spectaculaires du Grand Palais tout en préservant l’intimité nécessaire à la contemplation. Son intervention promet de transformer la foire en un paysage cohérent, où les perspectives, les matières et les transitions accompagneront le regard d’un stand à l’autre.

Cette présence de la décoration ne sera pas uniquement formelle. Fine Arts Paris invitera également plusieurs architectes d’intérieur et créateurs à désigner leurs coups de cœur parmi les œuvres proposées. Tristan Auer, Constance Guisset, Chahan Minassian, Jean-Michel Wilmotte, Sybille de Margerie, Thierry Lemaire ou encore Juan Pablo Molyneux figurent parmi les personnalités annoncées. Leur regard introduira une autre manière d’aborder le marché de l’art : non plus seulement par l’histoire ou la valeur d’une pièce, mais par sa capacité à entrer dans un intérieur, à modifier une atmosphère et à créer une émotion quotidienne.

Car une œuvre n’existe jamais tout à fait seule. Elle entretient une relation avec un mur, une lumière, un meuble, un espace et, surtout, avec celui qui la regarde. En rapprochant marchands, collectionneurs et décorateurs, le salon rappellera que collectionner consiste autant à préserver qu’à construire un univers personnel.

Silvia Furmanovich – Art déco

Une promenade à travers les époques

Dans les allées, aucun parcours chronologique ne sera imposé. Un tableau du XVIIe siècle pourra précéder une sculpture moderne. Un meuble Art déco répondra à une pièce de joaillerie. Plus loin, un manuscrit ancien fera face à une création contemporaine. Cette proximité entre les siècles constitue l’une des singularités de Fine Arts Paris : abolir temporairement les frontières académiques pour favoriser les correspondances.

La liste des exposants réunit des galeries établies à Paris, Londres, New York, Genève, Vienne, Barcelone ou Bruxelles, parmi lesquelles Didier Aaron, Applicat-Prazan, Bailly Gallery, Galerie Berès, Brame & Lorenceau, Galerie Chenel, Mayoral, Opera Gallery, Steinitz, Waddington Custot ou encore Wienerroither & Kohlbacher.

Chaque stand deviendra une exposition en miniature. Certaines galeries choisiront de construire un dialogue autour d’un artiste, d’une époque ou d’un matériau ; d’autres privilégieront l’éclectisme, plaçant côte à côte plusieurs œuvres choisies pour leur rareté, leur provenance ou leur force plastique.

La visite pourra ainsi commencer par la reconnaissance d’un grand nom et se poursuivre par une découverte inattendue. C’est souvent dans cet intervalle que réside le plaisir d’une foire : venir pour voir une œuvre précise, puis être arrêté par une pièce que l’on ne cherchait pas.

« Nouveaux Horizons », donner une place aux regards émergents

Au milieu des maisons historiques et des galeries internationales, une nouvelle section introduira une respiration différente.

Baptisé « Nouveaux Horizons », cet espace rassemblera une dizaine de marchands au début de leur activité ou participant pour la première fois à une foire internationale de cette ampleur. Il accueillera également des créateurs travaillant dans des disciplines telles que la joaillerie, les arts du feu, le verre ou le textile.

L’initiative donnera une visibilité particulière à des signatures moins familières et à des pratiques parfois situées à la frontière entre art, artisanat d’excellence et objet de collection. Elle devrait également modifier le rythme du parcours, en confrontant l’autorité des œuvres historiques à l’énergie de propositions encore en construction.

À travers cet espace, Fine Arts Paris cherchera moins à opposer tradition et nouveauté qu’à montrer la continuité des gestes. Le travail du métal, du fil, de la terre, du verre ou de la pierre demeure traversé par les mêmes exigences : comprendre une matière, maîtriser une technique et parvenir à lui donner une présence.

Le Musée du Grand Siècle, invité d’honneur

L’un des temps forts de cette édition sera consacré au futur Musée du Grand Siècle, dont l’ouverture est prévue à Saint-Cloud en 2028.

Invité d’honneur du salon, le musée dévoilera en avant-première son projet ainsi qu’une évocation de son futur parcours permanent. Peintures, sculptures, mobilier, objets précieux et pièces de la vie quotidienne permettront d’explorer les arts, les sciences et la société française du XVIIe siècle. La présentation sera mise en scène par le décorateur François-Joseph Graf.

Le visiteur ne découvrira donc pas seulement une sélection d’objets, mais l’esquisse d’un musée encore à venir. Cette présentation offrira un aperçu de la manière dont les collections pourront raconter le Grand Siècle au-delà de ses représentations les plus solennelles, en rapprochant chefs-d’œuvre, mobilier et objets d’usage.

Dans l’effervescence commerciale d’une foire, cet espace introduira une temporalité différente : celle de la conservation, de la recherche et de la construction patiente d’une institution.

Fabienne Verdier et Sèvres, le geste face à la matière

Fine Arts Paris accueillera également une collaboration inédite entre l’artiste Fabienne Verdier et la Manufacture nationale de Sèvres.

Fruit d’une année de recherches et d’expérimentations avec les artisans de la manufacture, cet ensemble explorera la rencontre entre le geste pictural contemporain et la maîtrise historique de la céramique. Soutenue par AXA, partenaire officiel de l’événement, la présentation cherchera à rendre visibles les échanges entre création, innovation technique et savoir-faire français.

Chez Fabienne Verdier, le trait n’est jamais une simple ligne. Il porte une vitesse, une densité, un équilibre et parfois le souvenir de tout le mouvement qui l’a précédé. Transposé dans l’univers de Sèvres, ce geste devra composer avec le volume, la cuisson, l’émail et les réactions de la matière.

Cette confrontation promet l’un des dialogues les plus sensibles du salon : celui d’une écriture artistique libre avec un patrimoine technique transmis depuis des générations.

Fabienne Verdier

Voir une œuvre se transformer

Fine Arts Paris ne montrera pas uniquement des objets achevés. La Ville de Paris proposera aux visiteurs de pénétrer dans les coulisses de la conservation et de la restauration, avec notamment une intervention réalisée en direct sur une œuvre.

Observer un restaurateur au travail permet de comprendre tout ce que le regard ordinaire ne perçoit pas : la fragilité d’une surface, les effets du temps, la précision d’un diagnostic ou la retenue nécessaire avant chaque intervention.

Le geste y est presque silencieux. Il ne cherche pas à réinventer l’œuvre, mais à lui rendre sa lisibilité sans effacer son histoire. Dans un salon consacré à l’achat, à la transmission et à la collection, cette démonstration rappellera qu’une pièce ancienne implique également une responsabilité.

Le programme comprendra par ailleurs la campagne de mécénat « Le plus grand musée de France », portée par la Fondation pour la Sauvegarde de l’Art français afin d’associer le public à la restauration d’œuvres conservées dans les communes françaises.

Lorsque la musique envahit la nef

Le samedi 19 septembre, à 20 heures, les conversations s’atténueront et les visiteurs seront invités à écouter la nef autrement.

Pour la quatrième année consécutive, Fine Arts Paris accueillera des lauréats de la Fondation Gautier Capuçon. La pianiste Mirabelle Kajenjeri et le violoniste Elias David Moncado se produiront en duo au cœur du Grand Palais.

La musique circulera entre les stands et les sculptures, transformant momentanément la foire en salle de concert. Dans ce cadre monumental, l’expérience ne reposera plus seulement sur ce que l’on voit, mais sur la manière dont les œuvres, l’architecture et le son pourront partager un même espace.

L’art au-delà du Grand Palais

L’expérience se prolongera hors des murs avec la Semaine des Arts, un programme de visites organisé en partenariat avec une vingtaine de musées de Paris et d’Île-de-France. Ces rendez-vous permettront d’accéder à des collections, des expositions et des rencontres avec des conservateurs ou des directeurs d’institution, dans la limite des places disponibles.

Fine Arts Paris dessinera ainsi une cartographie culturelle plus large. Le Grand Palais en constituera le point de départ, mais la visite pourra se poursuivre dans les musées, les galeries et les institutions partenaires, au fil d’un Paris entré dans sa saison artistique d’automne.

 

Le luxe de prendre le temps

Une foire d’art peut impressionner par le nombre des œuvres, la densité des références et la diversité des propositions. Mais elle se révèle véritablement lorsque l’on accepte de ralentir.

Il faudra s’approcher d’un dessin pour en observer le grain. Contourner une sculpture. Regarder la lumière glisser sur un bronze. Revenir devant un tableau après avoir parcouru plusieurs allées. Échanger avec un galeriste sur l’histoire d’une pièce, sa provenance ou le chemin qui l’a conduite jusqu’au Grand Palais.

Fine Arts Paris 2026 ne sera donc pas uniquement un rendez-vous destiné aux collectionneurs avertis. Le salon proposera une expérience du regard, dans laquelle la connaissance pourra naître d’une conversation et le désir de collectionner d’une rencontre inattendue. Pendant cinq jours, le Grand Palais deviendra une demeure éphémère peuplée d’objets venus de siècles et de cultures différents. Certains auront traversé les générations. D’autres seront à peine sortis de l’atelier. Tous attendront ce moment particulier où, au milieu d’une foule, un visiteur s’arrête soudainement, et regarde vraiment.

Informations pratiques 
Fine Arts Paris se déroulera du 19 au 23 septembre 2026 au Grand Palais, avenue Winston-Churchill, dans le 8e arrondissement de Paris. Le salon sera ouvert de 11 heures à 20 heures le samedi et le dimanche, jusqu’à 22 heures lors des nocturnes du lundi et du mardi, puis jusqu’à 18 heures le mercredi. Des visites guidées seront proposées quotidiennement.

Visuels Fine Arts Paris – Crédits photos :

Xavier Eeckhout Président FINE ARTS PARIS © Tanguy de Montesson
Charles Zana – Photo Credit Olivia Haudry_Courtesy of Charles Zana
François-Joseph Graf @ Studio Louis Delbaere
Fabienne Verdier – Photographies : © Laura Stevens / Modds

Table « Chiffonnière » ou « À ouvrage »
De Jean-Henri RIESENER (1734-1806), Fournisseur du garde-meuble de la Couronne de 1774 à 1785
Provenant de la Collection du Comte Patrice de Vogüé, au château de Vaux-Le-Vicomte Paris, époque Louis XVI, vers 1775.
Bâti de chêne de Hongrie ; placage en bois de rose, amarante, loupe d’érable, marqueterie de bois clair et teinté sur fond de sycomore ; marqueterie de bois polychromes, bronze doré ; cuir ; glace.
H. 77.5 cm. ; L. 51 cm. ; Pr. 40 cm. Estampillée à trois reprises : J.H. RIESENER
Galerie Steinitz

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