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Nîmes, l’élégance romaine au rythme du Sud

Nîmes, l’élégance romaine au rythme du Sud

Par Ema Lynnx

À Nîmes, les journées commencent souvent face aux Arènes. Les premiers cafés sont servis en terrasse pendant que les habitants traversent la place sans vraiment prêter attention à cet amphithéâtre vieux de près de deux mille ans. Au milieu de la ville, les monuments antiques ne sont pas mis à distance, ils font partie du paysage, du quotidien, de la vie.

Souvent surnommée « la Rome française », la cité gardoise mérite pourtant d’être découverte pour bien plus que son héritage romain. Lors de notre city-trip, nous avons parcouru ses ruelles baignées de lumière, rencontré ses hôteliers, découvert ses tables et découvert cette douceur de vivre méditerranéenne qui donne envie de ralentir.

Une ville où Rome est toujours présente

Fondée sous le règne de l’empereur Auguste, Nemausus devient rapidement l’une des villes les plus prospères de la Gaule romaine. Deux mille ans plus tard, cet héritage reste partout visible, sans jamais paraître figé.

Il suffit de lever les yeux pour apercevoir l’un des symboles les plus étonnants de la ville : un crocodile attaché à un palmier. On le retrouve sur les façades, les plaques et pavées dans les rues, les fontaines et jusque dans le mobilier urbain. Son origine remonte à une monnaie frappée après la conquête de l’Égypte par Auguste. Le crocodile représente l’Égypte, le palmier célèbre la victoire romaine. Au fil des siècles, cet emblème est devenu la signature iconique de Nîmes, au point que les visiteurs prennent rapidement plaisir à le rechercher au détour des ruelles.

Les Arènes, cœur battant de la cité

Impossible d’imaginer Nîmes sans ses arènes. Construit à la fin du Ier siècle après J.-C., cet amphithéâtre elliptique pouvait accueillir près de 24 000 spectateurs venus assister aux combats de gladiateurs, aux chasses d’animaux sauvages ou aux grandes célébrations populaires.

Cet édifice continue de remplir son rôle de lieu de rassemblement. Concerts, spectacles et grands événements attirent chaque année des milliers de spectateurs. Vanessa Paradis, Sting, les Black Eyed Peas, Orelsan ou encore Katy Perry s’y sont produits. Peu de monuments antiques peuvent se vanter d’être restés aussi vivants.

Les circulations, la visibilité et l’acoustique fonctionnent encore avec une étonnante modernité, comme si les siècles avaient finalement peu d’emprise sur l’ouvrage.

Comprendre Nemausus

Face aux Arènes, le Musée de la Romanité apporte un éclairage indispensable. Son architecture contemporaine dialogue avec les vestiges antiques sans jamais chercher à les imiter.

À l’intérieur, mosaïques, sculptures, objets du quotidien, maquettes et dispositifs numériques racontent la vie des habitants de Nemausus. Une visite qui permet de mieux comprendre la puissance de cette ancienne cité avant de retrouver les rues du centre historique avec un regard totalement différent.

Depuis le toit-terrasse, la vue sur les Arènes est sans doute l’une des plus belles de la ville.

Quelques minutes plus loin apparaît la Maison Carrée. Construite au début du Ier siècle en l’honneur de Caius et Lucius César, petits-fils d’Auguste, elle est considérée comme le temple romain le mieux conservé au monde. Son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2023 est venue consacrer un monument dont l’élégance continue d’impressionner près de vingt siècles après sa construction.

Une ville qui a plusieurs histoires à raconter

Si l’Antiquité occupe une place majeure, Nîmes ne se résume pas à Rome.

Le Musée du Vieux Nîmes permet de découvrir une autre facette de son identité. On y apprend notamment que le célèbre denim trouve son origine dans la « serge de Nîmes », cette toile particulièrement résistante fabriquée ici dès le XVIIe siècle avant de conquérir le monde sous l’appellation « jeans ».

L’Impérator, un point de départ idéal pour découvrir Nîmes

L’Impérator Maison Albar Hotels a été bien plus que notre hébergement : il a été notre camp de base. À quelques minutes du centre-ville, cette adresse emblématique permet de découvrir la ville presque entièrement à pied. Derrière ses façades chargées d’histoire, où ont séjourné Ernest Hemingway, Pablo Picasso, Jean Cocteau ou encore Ava Gardner, l’hôtel cultive une élégance discrète. Son patio ombragé, son spa et ses jardins offrent un véritable havre de paix après une journée passée à explorer la cité romaine.

L’expérience se prolonge naturellement à table. La Brasserie L’Impé célèbre une cuisine généreuse inspirée du terroir gardois, tandis que DUENDE, doublement étoilé au Guide Michelin, constitue l’un des temps forts gastronomiques du séjour, imaginée par Pierre Gagnaire et interprétée avec finesse par le chef Nicolas Fontaine.

 

Au fil de notre escapade nîmoise, nous avons également découvert d’autres belles adresses qui témoignent du dynamisme de l’hôtellerie nîmoise. Le Margaret – Hôtel Chouleur, installé dans un hôtel particulier du XVII siècle, séduit par son atmosphère intimiste et sa brasserie Gigi, devenue une adresse prisée des amateurs de cuisine méditerranéenne. Le Grand Hôtel-Dieu, récemment réhabilité, illustre la reconversion réussie du patrimoine historique, tandis que Les Jardins Secrets offrent une parenthèse de sérénité dans un écrin végétal, loin de l’animation du centre-ville.

Les découvertes gourmandes ont aussi ponctué notre itinéraire. Face au Pont du Gard, Les Terrasses proposent une cuisine régionale avec une vue privilégiée sur le monument, alors que Gamel, au cœur du centre historique, revisite les produits du terroir dans un cadre contemporain. Deux tables qui illustrent, chacune à leur manière, le renouveau de la scène gastronomique nîmoise.

Le Pont du Gard, prolonger le voyage

À une trentaine de kilomètres de Nîmes, le Pont du Gard s’impose comme le prolongement naturel de cette immersion dans l’Antiquité.

Chef-d’œuvre d’ingénierie romaine, cet aqueduc monumental acheminait autrefois l’eau jusqu’à la cité sur près de cinquante kilomètres. Ses trois niveaux d’arches continuent d’impressionner autant par leurs dimensions que par leur parfaite intégration dans le paysage.

Notre visite réservait un privilège rarement accessible : parcourir les canalisations du troisième niveau, là où circulait autrefois l’eau. Une manière unique de mesurer le génie des ingénieurs romains.

Cette ville ne cherche pas à impressionner, elle préfère se dévoiler progressivement, au rythme de ceux qui prennent le temps de la parcourir. C’est sans doute là que réside son véritable luxe : offrir un voyage où l’histoire se découvre sans effort, où la culture se vit naturellement et où l’art de vivre méditerranéen transforme un simple city-break en une parenthèse dont on garde longtemps le souvenir.

Photos : Patrick Koune

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