Par Ema Lynnx
Encore méconnue du grand public international, la Costa Verde déploie l’un des paysages les plus spectaculaires du littoral brésilien. Entre Rio de Janeiro et São Paulo, cette bande côtière classée zone de protection environnementale conjugue reliefs escarpés, forêt atlantique primaire et criques aux eaux émeraude.

Dans ce lieu, la Mata Atlântica descend jusqu’à l’océan, dessinant un décor d’une rare intensité où plages sauvages, îles inhabitées, mangroves et sentiers ancestraux coexistent dans un équilibre fragile. La région abrite des villages de pêcheurs restés authentiques, des villes coloniales classées comme Paraty, ainsi qu’un réseau de parcs naturels, Serra do Mar, baies protégées, réserves marines qui en font l’un des hauts lieux de l’écotourisme au Brésil. Voyager sur la Costa Verde, c’est embrasser un Brésil brut et poétique, à la fois luxuriant et secret, où chaque déplacement devient une exploration sensorielle.
Picinguaba, là où le Brésil se fait silence
Entre Rio de Janeiro et São Paulo, à une trentaine de minutes de Paraty, Picinguaba se love dans une baie préservée, au cœur d’un village de pêcheurs resté à l’écart du tumulte. La Mata Atlântica, l’un des écosystèmes les plus riches et les plus menacés de la planète enveloppe les maisons, les plages et les sentiers d’une présence presque spirituelle. Classée Réserve de la Biosphère par l’UNESCO, cette forêt millénaire impose son propre tempo : lent, organique, profondément vivant.
Au bout d’une route sinueuse de la Costa Verde, là où la forêt atlantique plonge littéralement dans l’océan, Pousada Picinguaba apparaît comme une évidence rare. Non pas un simple refuge, mais un lieu d’âme. Un de ces endroits qui ne se contentent pas d’accueillir, mais qui transforment, doucement, durablement.

Un trésor caché de la Costa Verde
Dès l’arrivée, quelque chose se relâche. Le bruit intérieur s’apaise. La mer respire à quelques mètres, la forêt murmure en arrière-plan. Plus qu’un hôtel, Picinguaba est une communauté vivante, un microcosme où la nature, les habitants et les voyageurs cohabitent avec une simplicité désarmante.
Entourée de plages désertes protégées par le Parc d’État de la Serra do Mar, la Pousada offre une immersion totale dans un Brésil encore intact. Ici, rien n’est spectaculaire au sens ostentatoire du terme. Tout est juste. Évident. Authentique.

Un pionnier du tourisme régénératif, bien avant l’heure
Cette philosophie n’est pas née d’une tendance. Elle précède les mots. Depuis l’an 2000, Emmanuel Rengade, fondateur et propriétaire, développe à Picinguaba une vision pionnière : celle d’un tourisme régénératif, pensé bien avant que les notions de voyage durable ou conscient ne deviennent des arguments marketing.
Les habitants du village sont au cœur du projet. Pêcheurs, artisans, familles locales : tous participent à l’identité du lieu. Ensemble, ils ont construit un modèle d’hospitalité fondé sur la solidarité, la transmission des savoirs et le respect profond des cycles naturels.
Un écosystème vivant entre terre, mer et communauté
Picinguaba fonctionne en symbiose avec sa ferme sœur, Catuçaba, nichée dans les montagnes voisines. Un écosystème autosuffisant où la terre nourrit l’homme, et où l’homme, en retour, régénère la terre. Approvisionnement local et saisonnier, agroforesterie, pêche traditionnelle, artisanat : chaque choix est guidé par le sens, jamais par la facilité.
Cette vision se ressent jusque dans les gestes du quotidien. Ici, l’hospitalité est une pratique consciente, presque un art.

L’expérience Picinguaba, ou le luxe du temps retrouvé
Les journées s’écoulent sans urgence. Randonnées en forêt vers des cascades secrètes, baignades sur des plages désertes, sorties en goélette, kayak, stand-up paddle ou surf. Les corps ralentissent, les regards s’ouvrent.
Les repas deviennent des rituels. Poissons pêchés le matin même, légumes issus des cultures biologiques de Catuçaba, fruits tropicaux cueillis à maturité. Partager la table, ici, c’est partager une gratitude. Une forme de reconnexion simple et essentielle.
Une maison, plusieurs façons d’habiter le lieu
La Pousada, construite à la fin des années 1970, domine l’une des plus belles plages protégées du littoral brésilien. Elle abrite neuf suites et une suite master avec jacuzzi, décorées avec sobriété et charme, dans le respect de l’architecture et de l’environnement.
À proximité, la Villa Casa Verde offre une alternative plus intime. Maison privée de trois chambres, elle accueille familles ou couples en quête de discrétion, avec le même niveau d’attention et la même vue spectaculaire sur la baie. L’ensemble du domaine peut également être privatisé, transformant Picinguaba en une maison de famille hors du monde.

We Are Nature, une vision devenue mouvement
Mais au-delà du lieu, Picinguaba porte un message. Emmanuel Rengade y a fait naître le mouvement WAN, We Are Nature fondé sur une conviction simple et puissante : l’homme et la nature ne sont pas séparés. Ils ne font qu’un.
En 2026, cette vision sera célébrée avec la parution du Livre Bleu de Picinguaba, retraçant les portraits de celles et ceux qui nourrissent la Terre et en assurent la transmission. Un projet accompagné de plusieurs expositions internationales, prolongeant l’écho d’un message universel né dans cette baie confidentielle.
Dans un monde saturé d’adresses spectaculaires, Picinguaba fait un choix radical : celui de l’essentiel. Un luxe silencieux, sincère, profondément humain. On ne quitte pas Picinguaba tout à fait comme on y est arrivé. On repart plus apaisé, plus attentif, et peut-être, plus regénéré.
Photos : Picinguaba































