Par Diego
The Cure est un groupe originaire de Crawley en Angleterre et fondé en 1978. D’abord baptisé Easy Cure, le trio originel est composé de Robert Smith, Michael Dempsey et Lol Tolhurst. Ils sont considérés comme les fondateurs de la cold wave (avec Joy Division) et leurs 4 premiers albums sont cultes : « Three Imaginery Boys », « Seventeen Seconds », « Faith » et le très sombre « Pornography ».
Ce dernier très gothique est souvent cité comme leur meilleure livraison et l’on découvre un Robert Smith qui se maquille les yeux et la bouche en concerts. Ce style ne le quittera plus et les premiers shows au Grand Parc de Bordeaux datent du début des années 80. En 1985, ils deviennent des monstres à tubes avec « The Head on The Door », « Kiss Me » en 1987 et « Disintegration » deux ans plus tard. La planète The Cure est en orbite, les nappes synthétiques utilisées par Bob et sa bande vont marquer et influencer toute la génération X et susciter des vocations.
Côté membres, le seul survivant du trio d’origine est Robert Smith même si Simon Gallup qui a intégré le band en 1979, est toujours présent après quelques va et vient. Il y a eu beaucoup de changements en bientôt 50 ans de carrière. Actuellement exceptés Robert (guitare / voix) et Simon (basse), Roger O’Donnell est aux claviers, Jason Cooper à la batterie et l’énorme Reeves Gabrels à la guitare. Celui-ci a rejoint The Cure en 2012 après une dizaine d’années auprès de David Bowie. A ce jour, le groupe a publié 14 albums originaux, des remix, des lives et un coffret de raretés. Ils sont constamment sur la route et défendent l’album publié en 2024 baptisé « Songs of a Lost World » (leur plus belle livraison en 35 ans).

FESTIVAL PAGAILLE 2026
A la surprise générale, un nouveau festival naît en Gironde avec une programmation hétéroclite mêlant rock, rap et DJ. Pagaille qui se déroule sur la place des Quiconces à Bordeaux dure deux jours et affiche des artistes comme Slowdive, Jok’Air, Charlotte De Witte et Nasty Joe.
Les Cure investissent la scène « Gloria » à 21h30 le 28 août pour 2h30 d’un set qui comprend 28 titres. Comme à leur habitude, Robert et sa bande distinguent 2 ou 3 parties dans leurs concerts mélangeant tubes imparables et quelques nouveautés. Il n’y en aura que deux ce soir mais pas des moindres, « Alone » en introduction et un lancinant « Endsong » avant le rappel qui bénéficie d’une longue introduction. Sur cette dernière, Simon Gallup lève sa basse avant que Robert Smith ne pointe les yeux au ciel comme pour passer un message à un proche disparu. Entre deux, certains titres ont été marquants : l’incroyable « Lovesong » qui est, toutes catégories confondues, l’une des plus belles chansons d’amour. « Fascination Street » et « Shake Dog Shake » tirent également leur épingle du jeu rappelant les périodes fastes du groupe. Evidemment, le doublé « Play For Today » / « A Forest » enflamme une foule de connaisseurs très en voix et motivée.
Ce qui caractérise la prestation de The Cure reste l’hypnotisation qu’opère le chanteur sur la foule. Tel un mage, il délivre le message dans ses chansons expliquant qu’il s’exprime peu sur les planches. La foule connaît les titres par cœur (« Push », « A Night Like This ») et en redemande. L’avantage avec ces Anglais là est qu’on est toujours bien servi ! Le rappel de 8 titres commence avec « Lullaby » pour finir sur le cultissime « Boys Don’t Cry » récemment réédité en maxi vinyl, je recommande vivement son acquisition ! L’ovation est totale et les 31000 spectateurs présents transpirent de joie en cette fin de période estivale. Finalement, ce concert est une messe comme le proposait récemment Nick Cave & The Bad Seeds dans leur « summer tour ». L’attraction qu’exercent ces artistes sur le public est d’une force incroyable. Un moment inoubliable comme le concert des Pink Floyd au même endroit en 1994 et que les mélomanes Bordelais aiment citer en exemple, 30 ans plus tard.
Photos : Diego





































