Par Jean-Claude Mariani
Derrière une façade discrète du Triangle d‘Or de Paris, se cache l’une des adresses les plus électrisantes de la capitale. Manko vient de rouvrir ses portes après une renaissance totale et le résultat est à couper le souffle.
Dès que l’on franchit le seuil le voyage commence. L’air change. Le temps ralentit, puis s’emballe. Bienvenue chez Manko, restaurant, bar, scène, temple. Un lieu qui porte bien son nom : hommage à Manco, divinité sacrée des Incas, premier souverain d’un peuple solaire. Ce n’est pas un hasard si tout ici irradie : les matières dorées, les lumières chaudes, les assiettes lumineuses. Manko ne se visite pas, il se ressent.

Une renaissance flamboyante
Après d’ambitieux travaux, le Manko nouveau est arrivé et il arrive fort. La métamorphose a été confiée à Sophie Lacroix, fondatrice du Bureau Lacroix, figure montante du design parisien. Le résultat ? Un théâtre immersif où l’élégance parisienne flirte avec la chaleur andine. Assises en velours bleu nuit brodé d’or, colonnes patinées façon temple inca, claustras d’inspiration japonaise, jeux de laiton et de lumières tamisées : chaque détail participe à une atmosphère enveloppante. Pièce maîtresse absolue : une mosaïque marine monumentale signée SICIS, composée de milliers de tesselles bleu profond et d’éclats dorés, suspendue au-dessus du Ceviche Bar. Elle ondule avec la lumière. Elle hypnotise. Elle signe.

Melio, l’âme qui cuisine
Derrière les fourneaux, Melio Oriundo Chavez officie. Chef péruvien d’une nouvelle génération, audacieuse, décomplexée, internationale, il puise dans les techniques ancestrales péruviennes, braises, fermentations, marinades longues et les marie à la précision millimétrée de la tradition japonaise.
Sa cuisine est sincère, narrative et lumineuse. Il puise dans les techniques ancestrales péruviennes, braises, fermentations, marinades longues et les marie à la précision millimétrée de la tradition japonaise.
Une carte voyageuse
Au centre de la salle, le Ceviche Bar s’impose comme le cœur battant de l’expérience : tout se passe à la minute, sous les yeux des convives. Découpe nette du poisson, précision de la marinade, parfum des agrumes, puissance de l’ají amarillo, leche de tigre qui embrase le palais. Le geste culinaire devient spectacle.
Mais la carte ne s’arrête pas là. Des nigiris d’exception, thon cru à l’ají amarillo et citron caviar, wagyu à la sauce anticuchera et des makis audacieux qui marient foie gras et thon rouge déploient toute la richesse de l’univers Nikkei.
La Parrilla apporte ensuite chaleur et profondeur : poulpe grillé au chimichurri, picanha Black Angus, crevettes aux shiitakés et quinoa soufflé. Le wok prend la parole avec le mythique Lomo Saltado et l’Aeropuerto, riz façon chef aux saveurs Nikkei.
En guise de conclusion, la Cachanga croustillante au sorbet yuzu ou le Tres Leches Manko aux épices signent une dernière escapade avant de regagner Paris.

La nuit au Manko
Une fois la table terminée ou avant, le lieu s’y prête, le bar prend le relai. Entièrement redessiné sous un immense soleil doré, il propose Pisco Sour d’une précision redoutable, créations épicées au mezcal et spiritueux sud-américains travaillés avec inventivité. Et chaque jeudi, le Manko Loko s’empare des lieux : DJ sets pointus, musiciens live, saxophones et percussions, le bar se transforme en scène cosmopolite, pulsante, irrésistible.
Manko n’est pas un restaurant de plus dans la capitale. C’est une destination. Un voyage. Une célébration permanente de la rencontre entre deux cultures parmi les plus fascinantes du monde. Et cette fois, le voyage vient juste de recommencer.
Comptez quelques 70€ hors boissons pour un très agréable repas dépaysant
Restaurant Manko
Ouvert tous les jours au dîner. Accueil de 19h à 22h15
15 avenue Montaigne, Paris 8e
Métro Alma Marceau
01 82 28 00 15
Photos plats: Thibaud Georges
Photos Restaurant : Gaelle Le Boulicaut






































