DURAN DURAN, ce n’est pas juste une image avec les costumes blancs, des clips soignés dans les années MTV et deux premiers albums incroyables. Le gang de Birmingham qui a changé quelques musiciens depuis sa formation initiale en 1980 mélange new wave, pop, disco et funk pour notre plus grand plaisir.
Avec 16 albums studios et un nombre incalculable de maxis, on pourrait penser qu’ils cherchent à concurrencer DEPECHE MODE. Leur carrière a connu des hauts et des bas, mais elle a toujours été ponctuée de concerts aux 4 coins du monde.
Pour les sceptiques, je conseille de visionner le documentaire tourné en 1984, baptisé « Sing Blue Silver » (disponible sur YouTube) qui permet de comprendre pourquoi le groupe était surnommé les « Fab 5 » en référence aux « Fab 4 » incarnés par les BEATLES.
Les tubes de DURAN DURAN sont nombreux et le public, très Anglais et majoritairement féminin, se déplace en masse. Ils ont encore prouvé récemment qu’ils pouvaient publier des titres efficaces à l’image de « Free To Love » en collaboration avec Nile Rodgers (ex-CHIC et copain des DAFT PUNK). Redevenu un quatuor, ils ont également publié un album de reprises réussi comprenant « Psycho Killer » de TALKING HEADS, « Evil Woman » d’ ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA et « Paint It Black » des ROLLING STONES.
L’an dernier, DURAN DURAN s’était produit au zénith de Paris dans le cadre de ce « Free To Love Tour » et la setlist va légèrement être modifiée. Dans ces conditions, l’idée d’une prestation pop rock à Bercy est ridicule, puisque le public passe deux heures debout. Personnellement, j’aurais préféré l’antre de la porte de la villette.
LE CONCERT
L’arrivée est tonitruante et dévoile 3 écrans, dont un géant en fond de scène, qui va officier tout le long du show. « Is There Something I Should Know », « The Wild Boys » et « A View To a Kill » tapent direct dans le mille et le spectateur qui n’a jamais vu le groupe peut être surpris par la fraicheur et la bonne conservation des protagonistes. Simon Le Bon, John Taylor, le « souriant » Nick Rhodes et Roger Taylor (rien à voir avec le batteur de QUEEN) semblent tout droit sortis des clips qui ont fait leur succès 40 ans plus tôt. Une pêche d’enfer et visiblement l’envie d’en découdre.
Les Londoniens de THE MOLOTOVS avaient correctement mis le public en haleine lors d’une première partie efficace et DURAN DURAN joue sur du velours. « The Reflex », tube imparable de nos boums des années 80, explose l’applaudimètre tandis que des titres moins connus comme « »Only in Dreams » et « Winter Marches On » tirent leur épingle du jeu.
Simon communique et espère un monde en paix avant d’entonner « Ordinary World ». Il invite les gens à danser un slow sur l’une de leur plus belles références, « Come Undone » en s’accompagnant d’une choriste aussi belle que talentueuse. Chaque titre ouvre un tableau visuel nouveau. Après « Notorious », le chanteur annonce un vieux titre qu’ils ont reprogrammé dans leur tournée, « I Don’t Want Your Love ». Cette période (1988) représente un album que j’adorais et j’avoue être récompensé d’avoir attendu 35 ans pour voir DURAN DURAN ! « Free To Love » et « Planet Earth » sont dansants, alors que le rappel approche. Une magnifique version de « Girls On Film » mêlée à « Psycho Killer » est proposée et le public s’approche enfin de la scène maintenant qu’il n’est plus retenu par les cerbères de Bercy (qui ne font que leur boulot).
Le groupe revient pour « Save a Prayer » chanté en chœur par des Anglais entourés de quelques Parisiens dans le public (rires) et DURAN DURAN offre un cadeau que d’autres publics n’ont pas eu. Nick Valensi des STROKES entre en scène pour le final « Rio ». Une fois son problème d’instrument réglé, c’est l’apothéose musicale. A 45 ans, le guitariste Américain qui pourrait être le fils de n’importe quel membre originel du groupe prend et donne du plaisir.
A noter les très belles prestations des 2 choristes et du saxophoniste qui accompagnent les stars du soir. Tout comme U2, DEPECHE MODE et THE CURE, DURAN DURAN a durablement marqué son époque et ce concert restera comme une étape de tout mélomane qui se respecte. Peut-être moins chaleureux qu’une salle plus humaine mais bigrement efficace.