PORTRAIT
Avec Dorothée Bonassies, la nouvelle directrice générale de la sa branche française, BYD s’est attachée une femme d’expérience, ce qui témoigne de son envie de solidifier ses structures et de faire les choses correctement. Diplômée de Skema Lille, elle s’est rodée à l’automobile chez Renault avant de prendre la tête de Skoda France en 2018, puis Volkswagen Group en France le 1er janvier 2024.

Nommée le 1er novembre, Dorothée Bonassies apporte son expérience et son dynamisme à la tête de la branche française de la marque chinoise , vivant avec enthousiasme une aventure qui pourrait sérieusement modifier le marché automobile mondial
Qu’est qui amène quelqu’un comme vous, qui venez de diriger un grand groupe européen comme Volkswagen en France à rejoindre une marque chinoise comme BYD?
C’est l’attrait d’un monde nouveau, l’attrait de cette entreprise, qui est assez extraordinaire. C’est le premier constructeur mondial de voitures électriques, qui permet l’électrification avec des produits extrêmement bien équipés, extrêmement bien réussis en termes de design et extrêmement bien finis, avec une offre et des prix imbattables.
N’y a-t-il pas une part de risques pour vous, car on ne peut pas avoir de certitudes sur la réussite commerciale d’une nouvelle marque?
On n’a jamais de certitudes mais on se sent très fort lorsque l’on arrive dans la marque. Cela fait trois semaines que je suis arrivée, j’ai déjà eu l’occasion de faire pas mal de visites réseau, de voir des concessionnaires, des vendeurs. Et quand on voit la confiance qu’ils ont dans la marque, dans le produit, la confiance que leur accorde les clients qui arrivent et visitent nos showrooms de manière très naturelle, on se sent vraiment fort. Je peux vous dire que cela donne de l’énergie, de l’enthousiasme et ça galvanise !
Est-ce que vous êtes en train d’apprendre le mandarin?
(Rires). Il faudrait que je prenne le temps, que j’acquière quelques notions. Mais je me mets à Confucius.
Le fait que BYD recrute une personne de votre expérience, est-ce le signe que cette marque tient à se structurer fortement en France?
Certainement que BYD est intéressé par les gens d’expérience. Je ne suis pas la seule à avoir rejoint cette marque. C’est certainement un signe qui montre l’envie de réussir ensemble, avec une équipe soudée, compétente, professionnelle et très engagée dans la réussite de la marque.
Votre marque a un nom anglais. Faut-il prononcer BYD à l’anglaise ou bid?
BYD (prononciation anglaise, lettre par lettre), c’est plus élégant. Build Your Dreams, c’est encore mieux. On est parti dans le rêve.
“Nos clients voient des modèles qui leur plaisent. C’est vraiment le coup de foudre”
Mais ce n’est pas une marque facile avec des noms de modèle anglais et des chiffres que l’on dit en français. Cela donne une sorte de charabia?
Je pense que cela ne pose pas de problèmes à nos clients. Ils voient des modèles qui leur plaisent. C’est vraiment le coup de foudre. L’envie et le plaisir qu’ils éprouvent quand ils viennent chercher leurs voitures en concession se voient à leurs yeux qui brillent, leur enthousiasme. Ils ont le sentiment d’avoir fait un bon achat, intelligent, à un prix bien placé. Il y a un vrai pouvoir d’attraction de BYD. Nous allons être l’un des acteurs qui vont faire revenir les clients dans nos concessions, qui vont redonner de l’appétit aux Français pour acheter des véhicules neufs.

N’avez-vous pas peur que vos clients se perdent dans votre gamme. Vous avez trois Ato, une Seal qui est à la fois une berline sportive et un break, et donne deux SUV, des modèles qui ont des noms similaires comme Seal et Sealion? N’est-ce pas un peu compliqué?
Je ne crois pas que ce soit compliqué. J’ai eu l’occasion de discuter avec nos vendeurs; ils apprécient que chaque modèle se décline sur deux versions. Nos voitures sont déjà extrêmement bien équipées, deux versions suffisent, avec deux motorisations fortes, une électrique et notre Super Hybride qui est en train de faire un carton en France. Cela les met dans des dispositions d’agilité pour présenter nos modèles. Certes, la gamme est large. Elle va de la Dolphin Surf, notre citadine, qui a reçu 5 étoiles Euro NCAP jusqu’à la Han, qui est un SUV aux proportions très importantes. On a des showrooms qui font 80 m2, des véhicules de démonstration. On peut donc tester nos modèles et notamment cette motorisations Super Hybride que l’on décline sur toute notre gamme.
Quel est le positionnement de la Sealion 5 dans votre gamme? Est-il appelé à devenir un modèle phare?
Oui, car c’est un SUV familial, un beau bébé de 4,73 m, qui offre une habitabilité incroyable, avec une définition au niveau des premiums, des équipement à des niveaux très élevés et surtout une technologie Super Hybride à un prix imbattable, 29.990 € (30.990 € depuis le 1er janvier). Cela n’existe pas sur le marché français.

Quel volume de ventes visez-vous avec ce modèle en 2026, en sachant que Renault atteint 11.000 immatriculations avec Espace et Rafale?
On va voir. On a de belles ambitions, mais qui sont raisonnables. On lance ce Sealion 5 en janvier. On pense qu’il va rencontrer un certain succès.
Le Karaoké (proposé dans le système multimédia) va-t-il faire la différence?
C’est un petit plus, un petit clin d’œil, c’est le côté fun et amusant. C’est vraiment la voiture, le modèle familial qui peut distraire toute la famille.
Pourquoi entretenez-vous une certaine ambiguité en disant que votre voiture est à la fois hybride et hybride rechargeable? Les modèles plug-in n’ont d’intérêt que si l’on recharge…
C’est vrai qu’il y a une recharge mais ce Super Hybride peut fonctionner sans être rechargé. On recharge en utilisation quotidienne, ce qui permet de rouler en tout électrique tous les jours.. Mais sur des cycles plus mixtes, on bénéficie vraiment des performances de cette motorisation, avec des consommations uniques, moins de 3 litres/100.
“Les clients viennent naturellement par curiosité et sont conquis par leur essai”
Comment comptez-vous y prendre pour convaincre les conducteurs français qui sont très attachés à leur marque, que votre motorisation fait une différence?
Ils sont déjà convaincus. On le voit aux visites, au trafic dans nos showrooms. Ils viennent naturellement, par curiosité. Ils ont entendu parler de BYD et sont conquis par leur essai. A chaque inauguration de concession, on en a tous les mois, les concessionnaires nous disent “c’est impressionnant, on a ouvert il y a un mois, on a déjà fait 40/50 ventes”, cela sur des sites où l’on attendait pas de tels chiffres sur les premiers mois. BYD a naturellement un pouvoir d’attraction qui est très impressionnant.
Votre marque est en plein développement, comment comptez-vous y prendre pour rédure vos délais de livraison?
Nous sommes très forts sur les délais de livraison. Vous commandez un véhicule aujourd’hui en fabrication usine, vous l’avez au bout de trois mois. Ce délai ne bouge pas. Il y a une forte promesse client sur nos délais de livraison. Toute la chaîne logistique est maîtrisée par l’entreprise. C’est l’une des forces de BYD. C’est un constructeur qui a une très forte intégration verticale, qui va jusqu’à la logistique. Nous avons nos propres bateaux et on assure vraiment le respect du délai.
À l’inverse des constructeurs japonais qui limitent leurs gammes à quatre/cinq modèles, votre gamme est très large, n’est-ce pas trop ambitieux?
Cela nous permet de répondre à toutes les attentes des clients. C’est notre ambition, que chaque client puisse trouver le modèle qui lui convienne, de la Dolphine aux SUV qui font plus de 5 mètres.
Vous avez construit votre usine à Szeged en Hongrie. Combien de voitures par an espérez-vous sortir?
On est en train d’entrer dans la fabrication de la pré-série sur le premier trimestre, puis l’on va vraiment produire nos véhicules en série dès le deuxième trimestre. Ce sera la Dolphin Surf, notre citadine, puis l’Atto 2 qui va arriver ensuite, puis deux autres véhicules par an. On est parti pour une production de 150.000 véhicules par an.
Propos recueillis par Thierry Vautrat et Patrick Koune






























