Par Maxime Dobremel
Au cœur du Var, entre les pins de Terre Blanche et les collines de Grasse, la nouvelle DS7, devenue DS N°7, pose ses premières roues sur les routes de Provence. Deux motorisations, l’électrique et l’hybride, un même geste : rouler sans jamais se faire remarquer. Jusqu’à prendre le temps d’apprécier une toute autre essence à Grasse, celle que les parfumeurs distillent depuis un siècle.

L’électrique d’abord
On arrive à l’hôtel Terre Blanche en fin de matinée, sous un soleil qui écrase déjà les collines du Var. Ici, DS résume l’ambition de sa nouvelle N°7 en une poignée de mots : un SUV pensé électrique dès l’origine, décliné ensuite en hybride, et non l’inverse. Une manière de dire que le silence vient en premier, et que le moteur thermique n’est plus qu’une option parmi d’autres. Assistance à la conduite de nouvelle génération, suspension pilotée, confort pensé pour l’avant comme pour l’arrière : trois mots reviennent sans cesse autour du modèle, technologie, confort, raffinement.

Le silence qui répond
Les routes qui relient Terre Blanche à Grasse n’ont rien de rectiligne. Elles serpentent entre les villages perchés du pays de Fayence, grimpent, redescendent, épousent le relief avec cette rigueur toute provençale qui ne laisse aucune ligne droite bien longtemps. C’est un terrain qui juge vite une suspension.
DS N°7 y répond avec une aisance inattendue. Le système DS Active Scan Suspension, piloté par une caméra logée en haut du pare-brise, lit la route quelques millisecondes avant que les roues ne la rencontrent et ajuste chaque amortisseur en conséquence. Le résultat se sent davantage qu’il ne s’explique : le SUV négocie les enchaînements sans se déhancher, là où l’on attendrait un début de roulis, même en mode Sport où la direction se durcit sans jamais chercher à jouer les sportives. On n’est pas ici sur un châssis taillé pour la performance, mais sur une mécanique qui a choisi son terrain, celui du grand confort roulant.
Sur la version électrique, le silence est total, presque intrigant : il faut ouvrir la portière à l’arrêt pour retrouver le chant des cigales, resté dehors durant tout le trajet. Sur l’hybride, plus commune, plus sage aussi, on retrouve la même intention : rouler sans se faire remarquer, ni par le bruit, ni par l’ostentation. On avance ici davantage dans un premium français très abouti que dans un luxe qui chercherait à s’afficher, et c’est précisément ce qui distingue DS N°7 de certains rivaux plus démonstratifs.

Un gouvernail plutôt qu’un volant
À bord, le premier objet qui retient l’attention n’est pas un écran mais un volant. DS abandonne la forme ronde classique pour un dessin en X qui évoque, par sa préhension et ses branches dégagées, davantage un gouvernail de bateau qu’un volant de SUV. La partie centrale, gainée de cuir surpiqué sur les finitions hautes, densifie encore cette sensation de tenir quelque chose de sculpté plutôt que moulé.
L’écran central de 16 pouces, tactile, se veut aussi lisible côté conducteur que côté passager, chacun disposant de son propre bouton d’accueil pour reprendre la main sur l’interface sans empiéter sur l’espace de l’autre. Le combiné numérique de 10 pouces reste, lui, discret, presque en retrait, laissant les matériaux, bois véritable, aluminium brossé, cuir Nappa en confection bracelet de montre, occuper le devant de la scène. Cinq ambiances intérieures se partagent la gamme, du textile clair aux teintes plus sombres. Les sièges avant, chauffants et ventilés sur les finitions hautes, se prolongent d’un dispositif qui diffuse une chaleur douce au niveau de la nuque, pensé pour un usage aussi bien urbain que sur de longs trajets. Le toit vitré panoramique, agrandi de 40% par rapport à l’ancienne DS 7, ajoute un supplément de lumière sans jamais alourdir l’habitacle grâce à un traitement thermique et acoustique poussé.
Reste le son, sujet sur lequel DS ne transige pas depuis dix ans. Le partenariat avec Focal, signé en 2016, trouve dans la N°7 l’une de ses expressions les plus abouties : quatorze haut-parleurs répartis jusque dans le pavillon, un amplificateur de 690 watts, et surtout un réglage de la scène sonore qui peut se concentrer sur les deux places avant ou s’ouvrir à l’ensemble de l’habitacle, avec une intensité de spatialisation en trois dimensions ajustables au doigt. On finit par oublier qu’il s’agit d’une automobile : le bruit du moteur disparu, seul demeure le son, précis, enveloppant, presque celui d’une salle d’écoute.
La route des parfums
À Grasse, DS N°7 croise une autre route, plus ancienne. La maison Fragonard y fabrique des parfums depuis cent ans, et parcourt, elle aussi, les routes du monde entier pour aller récolter les fleurs qui composent ses jus. On y découvre les alambics, les grandes cuves de macération, puis on s’installe pour un atelier olfactif où chacun compose sa propre fragrance, essai après essai, jusqu’à trouver l’équilibre qui lui ressemble.
L’exercice n’a rien à voir, en apparence, avec l’automobile. Il en dit pourtant beaucoup sur l’esprit du voyage que DS cherche à incarner avec sa N°7 : prendre le temps, s’arrêter là où l’on ne l’attendait pas, transformer un simple déplacement en une suite d’expériences. Sur le chemin du retour, alors que la route redescend vers Terre Blanche à la tombée du jour, une biche et son faon, âgé de quelques jours à peine, traversent devant le véhicule. La scène dure trois secondes. Elle résume, à sa manière, tout le silence qu’une motorisation électrique permet de retrouver sur une route de campagne.
Trois mots, un cap
Technologie, confort, raffinement : ce triptyque résume l’ambition de la N°7, nouvelle étape d’un renouvellement de gamme entamé avec N°8 puis N°4. Elle reprend le flambeau de l’ancienne DS 7, longtemps le modèle le plus vendu de la marque, et hérite d’une plateforme pensée dès l’origine pour accueillir indifféremment de l’électrique et du thermique. La batterie de 97,2 kWh, qui autorise jusqu’à 740 kilomètres d’autonomie en cycle mixte et plus de 450 kilomètres sur autoroute, sort d’une giga-usine du nord de la France, tandis que les moteurs électriques sont assemblés dans l’est du pays. Seul l’assemblage final se fait en Italie, dans l’usine de Melfi qui donne déjà naissance à la N°8. À bord, les textiles reprennent une part importante de matières recyclées, et les chromes ont disparu de la carrosserie au profit de finitions plus sobres.
DS N°7 arrive chez les concessionnaires en octobre 2026. Elle vise autant les particuliers en quête d’un SUV premium silencieux que les flottes d’entreprise, pour lesquelles ses versions électrifiées répondent aux exigences fiscales désormais incontournables sur ce segment. Mais réduire la N°7 à un argument comptable serait passer à côté de l’essentiel : dans les lacets du pays de Fayence, entre le silence d’un moteur électrique et les effluves d’un atelier de parfumeur centenaire, elle raconte surtout une certaine idée du voyage, celle où l’on n’a plus besoin de se presser pour arriver quelque part.
Photos : Maxime Dobremel































