Par Sébastien Léger
UGREEN, on connaît surtout la marque pour ses chargeurs, ses hubs USB, ses stations d’accueil ou ses accessoires bien finis. La voir arriver sur le marché des NAS, un territoire historiquement dominé par Synology et QNAP, avait donc quelque chose d’intrigant.
Sur le papier, le produit affiche déjà de solides arguments : quatre baies SATA, processeur Intel Core i3, 8 Go de mémoire DDR5 extensible, double emplacement NVMe, port réseau 10 GbE, port 2,5 GbE, HDMI, USB, lecteur SD et système UGOS Pro. Bref, UGREEN n’est pas venu bricoler un petit serveur domestique pour débutant, mais bien proposer une machine sérieuse, capable de séduire les particuliers exigeants, les créateurs de contenu, les petites structures et les passionnés de données.
Ce serveur de stockage (Network Attached Storage) connecté à votre réseau domestique ou professionnel est utilisé pour centraliser, sécuriser et partager vos fichiers depuis plusieurs appareils : Mac, PC, smartphones, tablettes, appareils photo ou même téléviseurs connectés.
Pour notre test produit, le NAS a été installé avec quatre disques Western Digital Red Pro de 2 To, des disques pensés pour les environnements NAS, en fonctionnement continu, avec une vitesse de rotation de 7200 tr/min et une technologie CMR. Western Digital positionne cette gamme pour les systèmes RAID et les charges de travail intensives.

Une présentation presque premium
Et dès le déballage, une chose saute aux yeux : UGREEN a soigné son entrée.
Le premier contact avec le NAS est étonnamment valorisant. Le packaging est propre, bien organisé, presque inspiré de l’univers Apple dans sa manière de présenter le produit. On sent que la marque n’a pas simplement voulu vendre une boîte à disques, mais proposer une vraie expérience.
C’est un détail, certes, mais dans le high tech, le détail compte. Surtout lorsque l’on parle d’un appareil qui va rester plusieurs années dans un bureau, une pièce technique ou un espace de travail.
Le châssis donne également une belle impression. À gamme équivalente, beaucoup de NAS concurrents utilisent encore largement le plastique. Ici, UGREEN propose une construction plus sérieuse, avec une vraie sensation de robustesse. Plusieurs tests spécialisés soulignent d’ailleurs la qualité de fabrication du DXP4800 Pro, notamment son châssis en alliage d’aluminium, ses racks sans outil et sa connectique généreuse.
Les tiroirs pour disques durs sont simples, mais bien pensés. On installe les HDD rapidement, sans avoir l’impression de manipuler quelque chose de fragile. Le système est malin, accessible, et c’est exactement ce que l’on attend d’un produit qui doit parler autant aux techniciens qu’aux utilisateurs avancés.

Une connectique qui fait plaisir
Là où le DXP4800 Pro marque de gros points, c’est sur la connectique. Le port 10 GbE est présent de série, accompagné d’un port 2,5 GbE. C’est un choix important, car chez certains concurrents, ce type de connectivité est parfois absent, optionnel, ou réservé à des gammes plus coûteuses.
UGREEN ajoute aussi une sortie HDMI, des ports USB rapides et un lecteur de carte SD. Pour un photographe, un vidéaste, un créateur de contenu ou simplement quelqu’un qui centralise beaucoup de fichiers, ce sont des éléments qui peuvent vraiment faire la différence au quotidien.
Dans mon cas, j’ai volontairement testé ce NAS dans un environnement domestique réaliste : une Livebox Orange en 1 Gb/s, un PC Windows relié en Ethernet, et le NAS connecté sur le même réseau. Certains diront que cela bride le produit, et c’est vrai. Mais c’est aussi ce qui rend le test intéressant. Peu d’utilisateurs disposent aujourd’hui d’un réseau 10 Gigabit complet à la maison.
L’idée était donc simple : voir comment ce NAS se comporte dans une installation classique, celle que beaucoup de particuliers ou de petites structures peuvent réellement avoir.
Des performances excellentes sur un réseau domestique
Les résultats sont très bons, et surtout très cohérents.
Le test iPerf atteint 950 Mb/s, ce qui montre que le réseau Gigabit est quasiment exploité à son maximum. CrystalDiskMark confirme cette impression avec 114,38 Mo/s en lecture séquentielle et 110,72 Mo/s en écriture séquentielle. En transfert réel, avec la copie d’un fichier ISO Windows via TeraCopy, le débit se stabilise autour de 103 à 107 Mo/s.
Autrement dit, le NAS fait exactement ce que l’on attend de lui : il vient saturer la connexion 1 Gb/s. Dans cette configuration, ce n’est donc pas le DXP4800 Pro qui limite les performances, mais bien le réseau domestique.
C’est même plutôt rassurant. Cela signifie qu’en usage courant, sauvegarde de PC, stockage de photos, vidéos, documents lourds, projets de travail ou bibliothèque multimédia, le NAS est parfaitement à l’aise. Il ne donne jamais l’impression de forcer.
Le port 10 GbE reste donc, dans ce test, une réserve de puissance pour l’avenir. Mais c’est justement ce qui rend ce produit intéressant : il fonctionne déjà très bien dans une maison équipée en Gigabit, tout en étant prêt pour une évolution vers un réseau plus rapide.

UGOS Pro, une interface qui rassure
Le vrai risque, pour un nouvel acteur sur le marché des NAS, n’est pas seulement le matériel. C’est le logiciel.
Un NAS peut avoir le meilleur processeur, la meilleure connectique et un beau châssis, s’il est pénible à configurer, il finit vite par devenir un produit frustrant. Sur ce point, UGREEN s’en sort très bien.
L’interface UGOS Pro est claire, moderne et plutôt intuitive. On retrouve une philosophie assez proche de ce que propose Synology dans l’expérience utilisateur : des icônes lisibles, des menus logiques, une prise en main assez rapide. Et franchement, c’est une bonne idée. Quand un acteur arrive sur un marché déjà occupé par des références, s’inspirer de ce qui fonctionne n’est pas un défaut.
La configuration se fait sans stress. On crée le stockage, on configure les partages, on accède aux paramètres essentiels, et l’ensemble reste compréhensible. Pour un utilisateur qui découvre le monde des NAS, c’est un vrai point fort. Pour un utilisateur plus expérimenté, cela évite aussi de perdre du temps inutilement.
Le centre d’applications est déjà intéressant pour un produit encore jeune. Il n’a pas encore la profondeur d’un Synology DSM ou d’un QNAP QTS, il faut être honnête, mais la base est là. Les tests spécialisés soulignent d’ailleurs ce même point : le matériel est très solide, tandis que l’écosystème logiciel doit encore continuer à mûrir.
Mais ce qui est déjà proposé donne envie de suivre l’évolution de la plateforme. On sent que le produit n’est pas figé.
Une machine sérieuse, pas un simple gadget connecté
Ce qui m’a le plus plu dans ce NAS, c’est l’équilibre général. UGREEN ne donne pas l’impression d’avoir simplement assemblé une fiche technique agressive pour attirer l’attention. Le produit est cohérent.
Le packaging est soigné. Le châssis inspire confiance. Les racks sont pratiques. La connectique est généreuse. L’interface est accessible. Les performances sont solides. Et surtout, le positionnement tarifaire reste pertinent face aux marques historiques.
Le DXP4800 Pro a quelque chose d’assez rare pour un produit aussi jeune : il donne l’impression d’être déjà crédible.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. L’écosystème applicatif doit encore s’enrichir. Certains utilisateurs très avancés trouveront probablement Synology ou QNAP plus complets sur certains usages professionnels. Mais pour un particulier exigeant, un passionné de tech, un créateur de contenu ou une petite structure qui veut centraliser ses données proprement, UGREEN propose ici une alternative très sérieuse.

Le UGREEN NASync DXP4800 Pro : le verdict
Je m’attendais à découvrir un NAS prometteur. J’ai finalement eu entre les mains un produit beaucoup plus mature que prévu. Il a tout d’un grand : une belle finition, une connectique moderne, de bonnes performances, une interface agréable et une vraie marge d’évolution.
Sur mon installation en Livebox 1 Gb/s, il atteint déjà la limite pratique du réseau, avec plus de 110 Mo/s en lecture et en écriture dans CrystalDiskMark, et autour de 105 Mo/s en transfert réel via TeraCopy. Le port 10 GbE n’a pas encore pu s’exprimer dans ce test, mais sa présence de série rend le NAS beaucoup plus durable.
UGREEN arrive sur un marché difficile, face à des marques installées depuis longtemps. Mais avec ce DXP4800 Pro, la marque montre qu’elle a compris ce que les utilisateurs attendent : un NAS puissant, bien construit, simple à utiliser, évolutif et proposé à un tarif cohérent.
Ce n’est peut-être pas encore le roi du logiciel face aux références historiques, mais côté matériel et expérience de prise en main, il n’a vraiment pas à rougir.
Pour un premier test high tech, c’est une belle surprise. Et pour UGREEN, c’est surtout un message envoyé au marché : il faudra désormais compter avec eux.
Les points forts
- Finition très sérieuse, châssis valorisant, packaging soigné.
- Port 10 GbE et 2,5 GbE de série.
- Interface UGOS Pro simple, claire et agréable.
- Très bons débits sur réseau Gigabit.
- Racks HDD pratiques et bien conçus.
- Produit déjà prêt pour une future installation en 10 Gigabit.
- Excellent sentiment général de qualité.
Les points à améliorer
- Écosystème logiciel encore plus jeune que Synology ou QNAP.
- Applications encore à enrichir.
- Le 10 GbE nécessite un réseau adapté pour être pleinement exploité.
- Les petits fichiers restent moins rapides avec des HDD mécaniques, ce qui est normal.
Un NAS très convaincant, déjà mature sur le matériel, agréable à utiliser, performant en réseau domestique, et surtout capable de bousculer sérieusement les marques historiques.




























