Menu & Search
Renaissance des broderies de Le Nôtre au Château de Vaux-Le-Vicomte grâce aux Rubans Éphémères de Patrick Hourcade.

Renaissance des broderies de Le Nôtre au Château de Vaux-Le-Vicomte grâce aux Rubans Éphémères de Patrick Hourcade.

Côté Jardin
Des parterres de boulingrins malades à la réalisation d’une Oeuvre d’Art Totale

A l’origine du projet, des buis âgés et malades condamnés à disparaitre. Arrachés au printemps dernier, ils laissent place à une oeuvre d’art éphémère mais oeuvre d’art totale tant elle s’intègre dans le paysage dessiné par Le Nôtre au XVIIe siècle. Dans l’attente d’une solution pérenne, les instances dirigeantes du château de Vaux-Le-Vicomte lancent un appel à projet en 2018.

C’est en 1656 qu’André Le Nôtre se voit confier l’entière réalisation des jardins du château de Nicolas Fouquet, surintendant du roi. Il signe au Château de Vaux-Le- Vicomte l’une de ses plus brillantes et audacieuses réalisations qui immortalise une nouvelle forme de jardins, dit « jardins à la française » qui connaitra une formidable postérité.

Le principe du jardin à la française tel que le conçoit Le Nôtre va bien au delà des parterres de broderies, des arbres taillés, des bassins, statues et allées bien ordonnées. Pour dessiner ses jardins, André Le Nôtre utilise les effets d’optique et le principe de la perspective ralentie. Plus les éléments du jardin sont éloignés du château, plus ils sont longs ou hauts. Ainsi, le parterre de broderies au premier plan est trois fois plus petit que le parterre de gazon situé au bout du jardin. Ce procédé permet d’« écraser la perspective », c’est-à-dire de donner l’impression d’un jardin plus petit qu’il n’est en réalité.

Au premier coup d’oeil, le jardin de Vaux-le-Vicomte donne le sentiment d’être embrassé tout entier mais ce sentiment n’est qu’illusion…

Après Achille Duchêne qui rendit lors de la restauration des jardins les broderies de buis au grand parterre, qui pour continuer à faire vivre ces emblématiques arabesques ?

 

Patrick Hourcade signe une oeuvre d’art totale.

Après délibération du jury , le projet retenu est celui de Patrick Hourcade qui signe au Château de Vaux-Le- Vicomte sa première oeuvre paysagiste.

Ex directeur artistique de Vogue, Patrick Hourcade est un artiste pluriel qui émaille son parcours professionnel au gré de ses envies. Photographies, sculptures, installations vidéo répondent toutes au même degré d’exigence et de sincérité.  Pour répondre à la problématique du remplacement des fameuses arabesques d’Achille Duchêne, Patrick Hourcade imagine des Rubans Éphémères qui s’intègrent parfaitement dans le paysage. Loin, très loin… l’idée de sculptures monumentales qui viendraient briser la perspective ralentie si cher à André Le Nôtre ! Ces rubans qui semblent juste posés sur le sol mais qui en réalité y sont fixés avec une infinie précision sont constitués de centaines de plaques d’aluminium subtilement inclinées les unes par rapport aux autres pour un effet de miroir  fluctuant au gré des cieux.

Parfaitement intégrée au paysage, cette oeuvre d’art totale , réalisée dans une usine de la Marne,  fait sens en alliant créativité, équilibre et technicité.

 

Côté Château

Soulignons tout d’abord la vue magnifique qu’offre le dôme sur le jardin et les Rubans Éphémères de Patrick Hourcade. Mais la visite du château réserve une autre très belle surprise : un parcours sonore immersif qui nous plonge au coeur de la vie du Château de Vaux-Le- Vicomte. Au gré de notre déambulation, les personnages s’animent et les espaces prennent vie, les secrets des alcôves et les conciliabules derrière les portes nous sont dévoilés, portés par des voix emblématiques pour notre plus grand bonheur. Ludique et instructive, cette très belle initiative proposée gracieusement à tous les visiteurs pour la première fois en France est à saluer !

Enfin, en cette période estivale, notons que le Château de Vaux-Le- Vicomte et ses jardins s’illuminent à la lueur de plus de 2000 bougies chaque samedi soir jusqu’au 5 octobre .

Ces projets reflètent l’engagement pérenne des héritiers d’Alfred Sommier qui acheta le château en 1875, de faire renaitre quotidiennement Vaux-Le- Vicomte.

Aujourd’hui, Le rayonnement du domaine sur les scènes culturelles françaises et internationales est l’oeuvre de Jean Charles, Alexandre et Ascanio de Vogüe.

Chapeau bas Messieurs !

 

Renseignements pratiques: https://vaux-le-vicomte.com/

 

Christine Masseron

 

0 Commentaires

5 + 3 =