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L’étoffe des rêves de Lee Young-hee au musée Guimet: Une donation exceptionnelle de plus de 1300 pièces !

L’étoffe des rêves de Lee Young-hee au musée Guimet: Une donation exceptionnelle de plus de 1300 pièces !

Jusqu’au 9 mars 2020, nous est présenté au musée Guimet à Paris, le parcours d’une pionnière de la Haute Couture coréenne. Première femme à avoir présenter à Paris une collection de prêt à porter en 1993, Lee Young-hee est avant tout une couturière de génie qui a su habilement s’inscrire dans la tradition et s’épanouir dans une étonnante modernité.

Des recherches historiques aux défilés de Haute Couture
Le parcours de Lee Young-hee est orchestré autour des 3 domaines auxquels cette créatrice s’est consacré: Tout d’abord ses travaux de recherche dédiés au vêtement coréen traditionnel, le hanbok, véritable symbole de la culture coréenne, menés en partenariat avec l’universitaire Seok Ju-seon, spécialiste reconnue de l’histoire du costume. Leur collaboration les amènent à reconstituer des costumes d’officiels préservés de l’époque Choson (1392-1910) ainsi que des costumes de cour agrémentés d’accessoires anciens d’une grande rareté. Au fil du parcours, nous découvrons ses créations de hanbok modernes adaptés à la garde robe des femmes des XXe et
XXIe siècles et enfin sa collection de Haute Couture par laquelle elle a porté la mode coréenne sur la scène internationale.

Des textiles anciens aux créations contemporaines
Attachée au respect des traditions ancestrales, Lee Young-hee se passionne pour le choix de textiles délicats (la soie, la ramie, l’organza…) et la pratique d’une teinture subtile historiquement pratiquée dans les temples boudhistes. Le hanbok traditionnel, constitué pour les femmes d’une vaste jupe s’élargissant sous la poitrine et d’une veste courte à l’esthétisme épuré et chaste se métamorphose sous l’inspiration décomplexée de Lee Young-hee. Sa collection baptisée « costumes de vent », est à ce titre remarquable: Débarrassés de la traditionnelle veste courte, ses hanbok en organza de soie coloré, fluides et légers, laissent place à l’imagination. Les courbes et les lignes fluides mises en valeur par un drapé versatile, allongent la silhouette et la rendent encore plus gracieuse. Faire connaître le hanbok à l’étranger, l’intégrer dans l’univers de la mode afin qu’il ne soit plus considéré comme un simple héritage de traditions anciennes, devient une véritable mission à laquelle s’attelle Lee Young-hee à partir de 1988. Portée par son élan artistique , cette créatrice va conquérir Paris qui lui offrira l’opportunité d’y présenter ses défilés à plus de 20 reprises à l’occasion de la Fashion Week . De 2010 à 2016, 3 collections de Haute Couture consacre son remarquable travail composé "d’étoffes de vents et de songes »..

Une donation exceptionnelle
Suite au décès de sa mère en 2018, sa fille Lee Jung-woo a choisit Paris, ville que chérissait sa mère et qui lui valut la reconnaissance internationale, pour lui rendre un vibrant hommage. C’est ainsi que le musée national des arts asiatiques Guimet a reçu en 2019 l’exceptionnelle donation de plus de 1 300 pièces qui en fait à ce jour le récipiendaire de la plus importante collection au monde de textiles coréens en dehors de la Corée.

Qu’elle en soit très sincèrement remerciée !

Christine Masseron

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