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Maldives : entre ciel et mer

Maldives : entre ciel et mer

Imaginaire, une ligne d’horizon confondue entre la mer et le ciel, et dans les profondeurs d’un bleu turquin se dessine des auréoles turquoise, sur lesquelles des myriades de grains de corail sont les vestiges d’un monde volcanique oublié, formant aujourd’hui d’éphémères atolls face à l’éternité.

Les Maldives, jardins d’Eden sur fond de cartes postales.

 L’heure est facétieuse, le temps n’a plus d’importance ici. Le ballet des hydravions débute au lever du soleil, pour finir avec les derniers rayons, sans contrainte ni horaire, mais pour seul impératif la sécurité des passagers. A travers le hublot, chacun a droit à son moment de contemplation face à l’insolente beauté de ces îlots dont le point culminant d’excède pas les 2,30 m au-dessus du niveau de l’océan. Les 26 atolls constitués de 1 199 îles dont à peine plus de 200 sont habitées en permanence, s’étirent sur plus de 90 000 km2 de l’Océan Indien.

Mahé et Hulhule son aéroport se trouvent à 04h15min de vol depuis Colombo au Sri Lanka, mais tout aussi proche des principaux aéroports du Golfe. Air France vole depuis le 1er novembre à 20h50 de Roissy CDG à raison de deux vols par semaine (départ les mercredi et samedi, retour les jeudi et dimanche à 13h05), vols opérés par un Boeing 777-200 équipés des nouveaux espaces de voyage en cabine affaires avec 28 sièges lits.

Avec 40 487 touristes accueillis en 2016 (contre 42 024 en 2015, Ndlr), ce qui représente 3% des arrivées totales, la France est le 4e marché émetteur en Europe, indique l’Office de Tourisme. Même si c’est le marché chinois qui a connu la plus grande progression, l’arrivée des vols Air France vient conforter l’idée que la destination plait toujours autant, et que nos chers touristes français sont appréciés par les autorités, comme par les groupes hôteliers posés sur les îles maldiviennes. Le tourisme représente plus de 20% du PIB, et cette source de revenus pèse dans la balance des décisions du gouvernement de l’état islamique.

Le tout premier hôtel, le Kurumba Village, composé de trente bungalows rustiques en bois et palmes de cocotiers, fut ouvert en 1972 par un italien qui loua l’île de Vihamanaafushi à son propriétaire M. U. Maniku. Les premiers passagers volaient depuis Ceylan (Sri Lanka) à bord de la compagnie Air Ceylon. Puis, sous la propriété du président Ibrahim Nassir, le Bandos Village Resort ouvrit avec 110 bungalows sur l’île du même nom, l’île Bandos. Il faudra attendre 1979 et 1982 pour que 27 îles-hôtels s’ouvrent au tourisme offrant ainsi une capacité de presque 1 992 chambres. C’est avec le ralongement de la piste de l’aéroport de Malé que purent atterrir des avions venant d’Europe, et l’ouverture de l’aérodrome de l’atoll d’Ari qu’à partir de 1997 le sud des Maldives va connaître un véritable développement. Les fastboats remplacent les dhoni trop lents, et les hydravions deviennent l’unique solution au remplacement des vieux hélicoptères russes ayant connu trop d’incidents et d’accidents. Ce mode de transport aérien a un certain cout, et les investisseurs hôteliers décident une montée en gamme de leurs resorts dès 1998. Ainsi naîtra le Sun Island Resort avec une capacité de 350 chambres. Les autres atolls comme Faadhippolhu, Maalhosmadulu-Sud, Malaku, Nilandhoo-Nord et Sud sont encore préservé du tourisme (de masse).

C’est au début des années 80 que le gouvernement décide de séparer la population des touristes, avec la construction des resort sur des îles non-habitées. Les îles sont louées par l’état. Il n’est plus possible de louer des maisons, ou de dormir dans des pensions, et les échanges avec les maldiviens sont soumis à une autorisation car elles font craindre l’essort de la consommation d’alcool et de la drogue, ainsi qu’un relâchement des mœurs. Même si les considérations religieuses encadrent le développement du tourisme par les îles-hôtels, elle n’est pas sans arrière-pensées mercantiles, en permettant à l’élite économique maldivienne de mieux contrôler ce secteur en plein essor, pour augmenter ses profits. Un tel contrôle n’est évidemment pas dénué d’une certaine hypocrisie.

Il n’est donc pas facile de rencontrer la culture maldivienne, à part quelques excursions vendues depuis les hôtels. A la vie grouillante sur Malé, préférez Gan qui propose un monde rural. Cette île singulière appartenant jadis aux anglais, propose une expérience unique avec l’Equator Village installé dans les anciens bâtiments de la Royal Air Force, proche de la piste d’aviation. Une chaussée relie les autres îles occidentales de l’atoll, et permet ainsi aux touristes de découvrir à bicyclette les nombreux villages longeant les 16 km.

La vie abonde dans ces villages. Au petit matin les dhoni sortent en mer pour remonter à mi-journée des filets dont le miracle de la pêche viendra faire le bonheur des diners de nos voyageurs.

Des atolls & des îles

Les flotteurs du Twin Otter de Havilland se posent sur l’iridescence d’une mer souvent calme, dont le camaïeu de bleus vient à changer selon la profondeur. Souvent comparée à la coloration métallique des papillons Morpho, elle est hypnotique. Dans cette chaleur d’un soleil au zénith, tout semble être écrasé. Au loin l’îlot pourrait être un mirage.

Le réchauffement climatique a amorcé un compte à rebours qui pourrait bien engloutir les Maldives d’ici 2050. Comme voulant fuir ce destin, les cocotiers et arbres à pain s’étirent vers le ciel. La mangrove quant à elle tente d’ancrer l’île dans les profondeurs du lagon. La vie végétale est un poumon d’oxygène dans lequel des voyageurs viennent se couper du monde pour une cure de désintoxe.

Une arrivée au paradis pour les uns, et un départ pour d’autres. Sur le ponton des épidermes brûlés croisent des textiles, qui seront vites oubliés.

Le tek est chaud bouillant, et les pas sont pressés pour arriver jusqu’au sable. Immaculé, éblouissant et parfois rosé, il est le résultat de l’érosion du corail sur des milliers d’années. Il peut avoir la douceur d’un talc, ou craquer sous les pieds. Son parfum est doux et iodé. On le caresse, le passe entre ses doigts pour y trouver un coquillage unique, et souvent on s’y étend pour s’exposer au soleil jusqu’au moment où la seule issue pour fuir la chaleur sera de se jeter dans une eau transparente à 33°. Cédric Landriot a vécu 5 ans aux Maldives. Cinq années d’observation des fonds coralliens de cet archipel de l’océan Indien : « Ce qui m’a le plus marqué est sans doute l’incroyable biodiversité des eaux des Maldives : plus de mille sortes de poissons habitent les fonds marins, un monde aux couleurs et aux formes saisissantes. La moitié de ces espèces peut être observée lors d’une séance de plongée, de l’amusant poisson clown au requin baleine, plus impressionnant. Sans oublier la magie des ballets de raies mantas», propos recueillis par Claire Tomasella pour Géo.

Il y a peu de choses à faire pour occuper ses journées sur les îles des Maldives. La plongé ou le snorkling est l’activité préférée des vacanciers. Il est donc important de choisir son île et son resort en fonction de l’activité sous-marine, avec des fonds coralliens ou non uniquement sablonneux.

Choisir son île et son resort est sans nul doute la chose la plus complexe quand on sait qu’il y a 200 îles et pas moins d’hôtels. Le tarif de la nuitée est souvent déterminant dans ce choix. Si certains s’offrent une extension de quelques nuits depuis le Sri Lanka, Oman ou un autre pays ayant un pont aérien, d’autres y résideront une semaine ou plus.

Le rêve de beaucoup est de retrouver l’atmosphère de Robinson Crusoë de Daniel Defoë, mais c’est plutôt celle de La Montagne magique de Thomas Mann car on a plus le loisir d’y observer une société oisive et cosmopolite que de gouter à la vie solitaire. Les îles sont parfois des îlots, avec de nombreux bungalows ou villas. On a gagné de la place sur le lagon avec la construction de « water-villas ». L’on fait alors la queue au restaurant, avec la surprise de faire les fonds de plats pour s’être attardé à la plage, là où il aura fallu se lever à l’aube pour déposer une serviette sur un transat pour être certain d’en avoir un.

La proximité des voisins en noces pourrait amuser comme agacer. « Noces » vient du latin vulgaire noptiae ou nuptiae (mariage, noces, commerce charnel, accouplement), lui-même dérivé de nupta, participe passé féminin de nubere, « voiler », de la tradition romaine voulant que la femme prenne le voile pour se marier.

Le voile, c’est parfois ce pas grand-chose de textile qui vient couvrir les corps dénudés de nos touristes. La loi maldivienne interdit sur ses plages le monokini et le naturisme. Des amendes peuvent être appliquées pour des comportements peu acceptables. Dans ce décor de rêves, l’on vient à en oublier que l’on est sur une terre islamique.

Aussi sympathique qu’il puisse être, le personnel des hôtels est pour l’essentiel maldivien, sri lankais, indonésien ou malaisien. Ces îles-hôtels offrent un emploi mais sont des lieux de réclusion, avec de rares jours de liberté, et l’impossibilité de se mélanger aux clients, ou de profiter de ce qu’offre la nature.

Choisir son resort sous les conseils de son agent de voyages est sans nul doute la meilleure chose à faire, sous réserve que celui-ci ait une véritable expérience de la destination, et la connaissance d’un large panel d’îles-hôtels très différents les uns des autres.

Reportage et photos : Pascal FALCONE

 

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