Menu & Search
Bachelor design bijou, le diplôme exclusif de la Haute Ecole de Joaillerie

Bachelor design bijou, le diplôme exclusif de la Haute Ecole de Joaillerie

Dans le cadre des formations dispensées à la Haute Ecole de Joaillerie de la rue du Louvre, à Paris, le Bachelor design bijou occupe une place à part.

Un cursus en trois ans, lancé par l’école en 2015 et unique en Europe. Le meilleur moyen de mettre rapidement le pied à l’étrier pour les jeunes designers en bijouterie et joaillerie.

La Haute Ecole de Joaillerie est née en 1864 et représente l’école du métier depuis 150 ans. Elle a pour vocation de répondre de manière universelle au besoin de la filière. C’est important de pouvoir former à tous les métiers qui existent dans ce secteur avec la gamme de formation la plus complète, la plus large possible : pour les différents univers de la vente, de l’éco-système de la bijouterie, la gemmologie, la fabrication, sans oublier le design. Son conseil d’administration, qui se réunit trois fois par an, compte aussi bien des maisons que des ateliers. Pendant ces moments d’échange, les représentants de ces instances discutent des orientations stratégiques de l’école et du programme, pour vérifier qu’elle réponde bien au besoin et à l’évolution des pratiques. Des séminaires de réflexion sont aussi organisés régulièrement. L’objectif est de servir le métier. Le taux élevé d’insertion professionnelle est l’autre élément différentiant de cette école par rapport à d’autres formations concurrentes. Il prouve que les besoins dans les entreprises ont bien été pris en compte et que l’école est en capacité d’y répondre.

La Haute Ecole de Joaillerie propose différentes filières pour répondre à tous les pans d’activité du métier. La filière création est importante, même si elle est née tardivement. La fabrication reste l’univers historique, tandis que la filière création a été créée il y a moins de vingt ans. Le Bachelor design bijou a été lancé en 2015 et le programme en tant que tel date de 2017. C’est une réponse à la compréhension des besoins des maisons et des marques, de leurs studios qui recherchent des designers qui soient vraiment formés à ce métier. Ce programme en trois ans est unique en France et pratiquement en Europe. Sa spécificité : il forme des designers au service d’entreprises et sur des problématiques d’entreprises. Les autres formations européennes ont davantage pour vocation de former des artistes plasticiens, qui utilisent le bijou comme médium et se destinent plutôt à exposer dans des galeries. Ce n’est pas le but de la Haute Ecole de Joaillerie, elle forme des designers qui traitent des problématiques d’entreprises et doivent être en capacité de concevoir non seulement des bijoux mais aussi, des lignes complètes, des collections qui répondent à un brief émanant d’une analyse du marché ou d’un besoin de revaloriser un patrimoine en l’articulant avec ce qui est dans l’air du temps. Ces designers sont autant capables de propositions créatives de lignes de bijoux que de suivre les phases de développement de ces prototypes et de vérifier qu’ils incarnent bien la réalisation obtenue en fonction du brief.

Un outil au service d’un projet professionnel

La formation n’est qu’un outil au service d’un projet professionnel, pour permettre aux élèves d’atteindre l’objectif qu’ils se sont fixés.

L’école compte trois départements : formation initiale (pour les plus jeunes qui cherchent à se former à l’issue du Bac, avec la filière fabrication et la filière création) ; le Centre de Formation des Apprentis (CFA) qui représente l’alternance et ne propose que des formations en lien avec les métiers de la fabrication ; la formation professionnelle continue (créée en 1972, avec l’offre la plus complète en termes d’univers et de dispositifs de formation). Le Bachelor design bijou est une formation proposée dans le département formation initiale, filière création. Il s’adresse plutôt à un public jeune. Il s’agit d’une formation sur trois ans à temps plein, de l’ordre de quatre à cinq jours par semaine pendant les deux premières années, assez similaires en termes d’organisation. Le premier axe est de former l’élève à ce qu’est le processus de recherche créative : un processus dans le domaine de la pensée et de l’histoire du design car on ne crée pas à partir de rien, on s’inscrit dans une filiation. Les cours abordent l’histoire du design et les sciences humaines. L’objectif est de se nourrir, de se frotter à d’autres pensées et univers. Tout cela alimente un premier champ de recherche créative. Un deuxième champ est la recherche en volume, proposé en atelier. L’objectif est de former des personnes les plus complètes possibles, qui ne vont pas agir de manière mécanique dans leur recherche graphique. D’une part, ce serait incomplet et d’autre part, certains sont plus à l’aise en partant de la matière, en cherchant avec les mains plutôt qu’en cherchant de manière graphique. L’école est soucieuse du fait que chacun obtienne la boîte à outils la plus large possible pour choisir l’outil le plus adapté à la demande, comme à son tempérament.

Des cours d’ateliers sont organisés une fois par semaine pendant deux ans pour se former à cette recherche en volume, pour expérimenter, puis maîtriser les techniques de base en fabrication – les questions d’ergonomie, de poids, les mécanismes de fermeture. A partir de là, les stagiaires pourront présenter des propositions créatives réalistes, qui montrent une connaissance des principes de fabrication et de production.

Le troisième champ de la recherche créative est tout ce qui a trait aux arts appliqués (au dessin et à la mise en couleur). L’idée est de pouvoir utiliser la palette la plus large en termes de techniques de rendu. Les étudiants travaillent sur des concepts, du gouaché, des rendus en technique libre mais aussi, sur l’infographie. Aujourd’hui, on ne peut pas être designer si on ne maîtrise pas des logiciels ad hoc tels que Photoshop et Illustrator.

En première et deuxième années, l’essentiel des cours est dédié à ce processus de recherche créative qui s’articule autour des arts appliqués, des volumes et des concepts. En complément, des cours nourrissent la réflexion et les rendus graphiques : gemmologie, anglais, gestion d’entreprise.

Projets individuels de création

En dernière année, le parti pris est de remplacer cette approche pédagogique par des projets pilotés par des entreprises du secteur pour mettre les élèves en conditions réelles d’exercice du métier. Le contenu de cette troisième année n’a donc rien à voir en termes de contenu avec les deux précédentes. Comme il s’agit d’un Bachelor Bac +2, l’objectif est d’accroître le niveau d’autonomie de ces jeunes. Une douzaine de projets sont proposés lors de cette dernière année : des PIC (programmes individuels de création), des projets de quatre semaines pilotés par des maisons qui proposent un brief, accompagnent la réflexion pour aider à choisir des pistes et évaluent à la fin ; des Workshops de cinq jours où interviennent des créateurs indépendants connus pour leur rapport particulier à la matière ou des designers qui vont partager leurs outils de recherche créative. Par exemple, Frédéric Mané, designer indépendant réputé, est intervenu sur un sujet Bridal pour permettre aux étudiants de se frotter à cette problématique et proposer des exemples dans leurs book. Trois Workshops sont organisés trois à quatre fois par an.

D’autre part, un partenariat avec l’école HEAD (Haute école d’art et de design) de Genève permet d’envoyer les étudiants parisiens en Suisse et de recevoir les élèves de la HEAD rue du Louvre. Ils travaillent sur trois projets davantage en lien avec le design produit qu’avec le bijou. Un changement d’échelle est mis en place, avec des études de type arts de la table ou flaconnage pour se confronter au besoin et au brief en apportant une réponse créative pertinente.

Couvrir un large territoire d’expression dans la création

Des séminaires sont proposés en marketing, merchandising, anglais, histoire du design, gestion d’entreprise. Car un nombre important d’élèves a vocation à démarrer en freelance le parcours professionnel. L’école fait en sorte qu’ils soient capables de voler de leurs propres ailes.

Une grande importance est enfin accordée aux stages. Le fait de se confronter au monde des entreprises est nécessaire. Après chaque année, les jeunes ont la possibilité de participer à un stage d’un à deux mois. Puis un stage obligatoire de six mois est imposé à l’issue du cursus, pour mettre un pied à l’étrier, s’insérer durablement sur le marché du travail.

L’objectif est de couvrir le territoire d’expression le plus large possible dans la création. Le secteur est vaste, il est essentiel de posséder une culture sur tous les styles de bijoux existants. Cela permet aussi ouvrir le champ des possibles de ces jeunes dans leur future recherche d’opportunités professionnelles. Ils sont entraînés à voir large et à se frotter à des terrains d’expression variés, qui passent par le bijou de haute fantaisie comme Atelier Swarovski, la haute joaillerie de maisons comme Piaget, ou encore, la haute bijouterie de marques comme Christofle ou Hermès, sans oublier le bijou indépendant. L’approche est à la fois complète et éclectique.

Le Bachelor design bijou est un titre qui a été entièrement conçu par la Haute Ecole de Joaillerie, il ne s’agit pas d’un diplôme de l’éducation nationale. Ce titre professionnel a été déposé au Répertoire National de Certification Professionnelle (RNCP), il est visé par l’Etat au travers de France Compétence et de niveau Bac +3. Pour l’obtenir, il faut terminer par une soutenance devant un jury constitué de professionnels proches des ressources humaines ou qui émanent des studios : des personnes qui seront amenées à juger le travail de ces jeunes.

Côté pré-requis d’entrée, la Haute Ecole de Joaillerie recrute au niveau Bac, ou des candidats qui ont obtenu un BTS, voire réalisé une mise à niveau en arts appliqués. Un entretien est fixé avec un jury : l’objectif est que la personne évoque son projet professionnel, explique en quoi le Bachelor design bijou va représenter un outil au service de ce projet. Elle va venir avec une série de planches graphiques, de volumes, un carnet de croquis pour convaincre l’école de son potentiel créatif et du réalisme de son projet. Les qualités auxquelles il est prêté attention sont la sensibilité esthétique, un regard, une curiosité et un tempérament entrepreneurial car beaucoup démarrent en indépendants. Il s’agit aussi de savoir s’exprimer clairement pour pouvoir intégrer cette formation.

La Haute Ecole de Joaillerie répond ainsi à tous les besoins de formation des entreprises du secteur et propose une gamme complète, avec toutes les formations possibles pour les métiers de la bijouterie-joaillerie.

Article réalisé avec Amandine Straetmans par Carine Loeillet

0 Commentaires