Si le soleil brille toujours au sud, il ne sera plus jamais comme avant. La tragique disparition de Gonzague Saint-Bris a parsemé le ciel de nuages noirs et de pleurs au goutte à goutte ! J’adorais mon ami Gonzague Saint-Bris, enfant génial du XXème et du XXIème siècle, qui conservait la grande naïveté et l’enthousiasme d’un poète d’un autre temps. Grâce à sa force vitale, il surfait sur ses désirs d’invention, d’écriture et de mondanités éphémères. Le dernier des romantiques s’est écrasé en plein vol, pas loin de Cabourg. Le festival qu’il avait créé en 1993. Paradoxe des paradoxes, l’homme qui se laissait conduire a disparu dans un excès de confiance en voiture. Dandy, excentrique, il portait l’histoire avec une vraie passion. Héritier d’une famille, qui fut propriétaire du Château du Clos Lucé, près d’Amboise, résidence de François 1er et dernière demeure de Léonard de Vinci, Gonzague était un véritable prince, hors du temps. Capable d’écouter, de s’émerveiller comme un enfant. « La ligne ouverte » la nuit à Europe 1 témoigne encore de sa sensibilité extrême à l’écoute des autres. Je me souviens de l’avoir accompagné la nuit dans les studios de la rue François 1er car il ne trouvait pas de taxi ! Historien, romancier, essayiste, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, lauréat de l’Interallié en 2002, Gonzague fut un ami précieux, toujours fidèle et à l’écoute. Amoureux de la gente féminine, il avait créé pour le fun, le magazine « Femmes ». Mais ce n’était pas sa destinée. Et lors d’un déjeuner, je lui avais conseillé de vendre le titre au groupe Lagardère. Il m’en a toujours été reconnaissant et a pu ainsi acquérir un très joli hôtel particulier dans le 8ème, qui est vite devenu un fantastique musée des « grands souvenirs ».

On ne pouvait qu’aimer cet artiste hyper original, qui glissait entre les vagues de la vie avec sincérité. Toujours présent lors de la remise des prix de mon évènement « Trofémina », il ne manquait pas de me rendre un vibrant hommage. J’aimais ce personnage hors du commun, qui n’avait aucune attirance pour l’argent mais qui souhaitait malgré tout faire profiter du meilleur pour les autres. Pas étonnant que sa célèbre « Forêt des Livres » à Chanceaux, près de Loches attire les plus grands écrivains et une foule de milliers de visiteurs chaque année fin août.

Grâce à lui, j’ai pu y présenter mes livres 4 à 5 fois et j’ose espérer que cet évènement perdurera pour son souvenir. « Le Futur » l’a propulsé trop tôt au rang des grandes figures de ce monde. J’ose espérer que le drone qu’il utilisait depuis peu pour filmer les plus belles régions françaises ira le retrouver là-haut dans le ciel pour nous donner de ses nouvelles.

On t’aimait Gonzague. Salut l’ami, tu nous manqueras beaucoup.

Roland ESCAIG