Lorsqu’on évoque la Belgique, le B&B (Bruxelles – Bruges) est au top five des villes les plus citées.

 

Pourtant la cité la plus peuplée de Belgique, avant Gand et Charleroi est bien Anvers la flamande, avec 521 000 habitants (1 250 000 habitants dans l’agglomération). Située sur la rive droite de l’Escaut et dotée d’un port international de marchandises, (2ème port d’Europe), la ville a vraiment connu son essor au XVème siècle. Que reste-t-il de son histoire brillante ? D’abord l’image incontournable de la capitale mondiale du Diamant, plus spécialisée aujourd’hui dans le commerce des pierres brutes. Si vous vous promenez près de la gare, vous découvrirez très vite le cœur du quartier des diamantaires dont l’entrée est supervisée par des vigiles. N’oublions pas que la ville abrite quatre des principales bourses du diamant dans le monde (pierres brutes et taillées). En 2018, le Musée du Diamant Diva ouvrira ses portes au public avec présentation de la taille de diamants.

En attendant, on visite Diamond Land (info@diamondland.be), à quelques pas de la Bourse du Diamant, un espace de plus de 1 000 m² pour y découvrir en visite guidée toute l’histoire de cette pierre précieuse et voir même un tailleur et des orfèvres au travail. Au rez-de-chaussée, la salle des ventes pourra susciter la convoitise de plus d’un visiteur ! Pour se faire pardonner tous les péchés de cupidité, un petit tour dans la cathédrale Notre-Dame du XVIème siècle et le tour est joué avec la dépose d’un cierge. De l’extérieur, le ciselé gothique du XIXème avec quatre œuvres de Rubens dont « l’Érection de la Croix ».

Pierre Paul Rubens, l’enfant du pays, qui de retour d’Italie s’installa à Anvers pour transformer sa propriété en véritable palazzo italien en 1610 autour de statues antiques et de tableaux. Sa maison est à visiter au moins pour le jardin et les œuvres de ses élèves. Le mobilier du XVIIème siècle et les expos temporaires comme le Tintoret de David Bowie (à partir du 27 juin) peuvent être aussi attirants. En l’espace d’un week-end, il faudra bien choisir ses itinéraires de visite.

Au musée Plantin Moretus, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’histoire de l’imprimerie est passionnante. Créée par Christophe Plantin au XVIème siècle, l’ancêtre de neuf générations d’imprimeurs, cette maison est un petit trésor d’histoire de l’imprimerie (avec les deux plus anciennes presses d’imprimerie du monde, des livres très anciens…) et l’habitation reconstituée de la famille. En sortant, arrêt obligatoire sur le marché Vnijdagmarkt (le vendredi avec ses spectaculaires brocantes aux enchères).

Changement de décor au MOMU, le musée de la mode, qui offre une déco très contemporaine sous ses très hauts plafonds et deux expos chaque année. Jusqu’au 27 août, on peut d’ailleurs découvrir le styliste belge Martin Margelie et les années Hermès, où il a sublimé la vraie femme du prêt-à-porter Hermès de 1997 à 2003. Le 1er septembre, place à Olivier Thesken, créateur de mode. Mais attention le 18 mars 2018, le musée fermera ses portes pour travaux !

A Anvers les voitures sont rares et le vélo est assez roi. Comme l’agréable métro dessert bien les axes touristiques, on a envie d’un autre week-end pour s’étonner devant le MAS, superbe paquebot-musée architectural posé sur les docks de l’ancien port d’Anvers. On reviendra pour assister aux grande expos d’Anvers baroque en 2018 – 2019.


 

HÔTEL LE TISSU : UN PETIT BIJOU CONFIDENTIEL

Dans le hall d’entrée, ne vous étonnez pas de découvrir des échantillons de tissus et de moquettes ! En fait, vous êtes dans un hôtel pas comme les autres, ouvert en juillet 2011, de 5 chambres sur 3 étages, cohabitant avec les bureaux de 2 architectes d’intérieur D. De  Munter et W. Gyselinck (les propriétaires). Un hôtel trois étoiles, qui en mériterait cinq car tout est parfait dans la synthèse de l’ancien et de l’ultra contemporain. Juste à côté d’une église du XVIIIème siècle (devenue russe orthodoxe), cet ancien presbytère de 1873, entièrement revisité et redécoré a fière allure sous le béton ciré, le parquet, les fresques redessinées… Les maîtres des lieux ont apporté toute leur touche créative dans la décoration des chambres à très haut plafond, hyper spacieuses. Les moquettes sur le parquet, les rideaux, les oreillers du queen-size-bed sont habillés de tissus précieux et raffinés. Le coffre-fort ancien au pied du lit ne fait pas tâche autour des couleurs taupe et grisées ou des panneaux peints. La salle de bains aussi (bien séparée) avec baignoire ou douche, qui offre tout le confort. Au sous-sol, les petits déjeuners, préparés par la remarquable directrice Els sont un modèle du genre copieux et bons et peuvent même être servis dans le petit jardin du curé, où le chant des oiseaux et des mouettes crée une atmosphère presque irréelle. Le soir, on pénètre dans cette caverne d’Ali Baba avec un code secret et l’arrêt devant le réfrigérateur permet de consommer ou d’emporter dans sa chambre eaux, bières, vins, café et thé à discrétion. Parking privé à l’extérieur au pied de l’église mais seul regret : l’office n’a lieu que le dimanche !

Hôtel Le Tissu : Brialmontlei 2, 2018 Anvers. Belgique
Tel : +32 3 281 67 70
info@le-tissu.be
Chambre : à partir de 129 €

 


 

LES SPOTS GOURMANDS ANVERSOIS

Dans cette ville active, la population sort beaucoup au restaurant, qui en terrasse ou dans un bistrot typique… En revanche l’aventure peut être l’aventure et pour l’éviter je vous conseille vivement RAS, ouvert en janvier 2016, où la situation de grande barge ultra-design et toute en transparence au bord de l’Escaut est assez exceptionnelle. Surtout sur la terrasse ouverte du haut, qui vous emmène en croisière gourmande. Sur le pont en teck et sous parasol (sinon à l’intérieur derrière les baies vitrées) vous dégusterez une cuisine de saveurs, bien faite avec les croquettes aux crevettes, la salade de gambas, les pattes de crabe royal poêlées à l’ail, beurre au citron confit et fines herbes… Les excellentes pâtes linguine fraîches aux dés de homard poêlés, poivron grillé, ail confit et sauce tomate relevée, les spaghetti à la chitarra, truffe d’été et parmesan, le filet de barbue poêlé… Avec un vin du Languedoc en pichet, on part en croisière chic (carte : 55€ – 80 €). En prime, le service jeune est au top et glisse rapidement sur le teck.

Deuxième adresse du week-end incontournable : le GRAANMARKT 13 où le chef Seppe Nobels, étoile filante de la jeune génération, formé sur la côte d’Azur joue à guichets fermés avec la clientèle bobo-chic. Un étonnant hôtel particulier devenu show-room au dernier étage et resto branché en sous-sol, s’ouvrant sur un petit jardin. On est un peu là pour vivre une expérience culinaire ouverte donne déjà le ton des réjouissances. Végans à vos marques, car les légumes sont rois (cultivés dans le jardin du resto) et ils sont traités avec créativité. A l’exemple de ces épinards sauvages, oignons et miel (produit dans la maison) en entrée où le mélange des saveurs est délicat. Comme l’accompagnement du porc cuit à basse température et grillé au barbecue, avec un mélange de légumes oubliés. Les poissons du jour ne sont pas pour autant oubliés et traités d’une façon inattendue, à l’instar de la sole aux câpres… Choisir le vin au verre car le prix des bouteilles est assez élevé. Seul bémol : l’ambiance assez bruyante. Menus : 33 € déjeuner) et 43 € (diner)

 

RAS : Ernest Van Dijckkaai 37, 2000 Anvers. Belgique.
Tel : +32 3 234 12 75

GRAANMARKT 13 : Graanmarkt 13, 2000 Anvers. Belgique
Tel : +32 3 337 79 91

 

Roland Escaig